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vendredi 16 décembre 2016

Bûche de Noël





Peut-être ferez-vous de la bûche pour Noël ?(Moi je préfère la bûche glacée)

Voici un marque-page que m'avait envoyé LAURE


recto
verso





























Merci Laure !




L'origine de la bûche de Noël remonte au XVIIème siècle, dans l'Europe entière. La coutume voulait que, la veille de Noël, une énorme bûche de bois,  soit ramenée dans chaque maison: c'était presque un cérémonial. L'essence du bois, la façon d'allumer la bûche et la durée de sa combustion formaient un rituel dont chaque région avait ses particularités. 


 Le lendemain, lors de la veillée de Noël, elle trouvait sa place dans la cheminée. Le chef de famille l'enduisait d'huile, de sel ou de vin cuit en récitant des prières de circonstance.
On gardait ensuite les cendres de la bûche car elles étaient sensées protéger la maison et favoriser les récoltes. 


 Puis les poêles ont remplacé les cheminées. Une petite bûche de bois décorée est venue orner la table de Noël. De fil en aiguille, la bûche de Noël s'est transformée en pâtisserie symbolique de Noël

 



En Bretagne, la plus grande fête de l’année était la fête de Noël, et ce que nous, pauvres paysans, nous aimions le plus dans cette fête, c’était la Messe de minuit, explique Jules Simon dans une description reproduite par un grand nombre de journaux du XIXe siècle. Maigre plaisir, pour vous autres citadins qui aimez vos aises ; mais qu`était-ce pour nous, paysans, qu’une nuit blanche ? Même quand il fallait cheminer dans la boue et sous la neige, pas un vieillard, pas une femme n’hésitait.

On ne connaissait pas encore les parapluies à Saint-Jean-Brévelay, ou du moins on n’y connaissait que le nôtre, qui était un sujet d’étonnement et d’admiration. Les femmes retroussaient leurs jupes avec des épingles, mettaient un mouchoir à carreaux par-dessus leurs coiffes, et partaient bravement dans leurs sabots pour se rendre à la paroisse. Il s’agissait bien de dormir ! Personne ne l’aurait pu. Le carillon commençait dès la veille après l’Angelus du soir, et recommençait de demi-heure en demi-heure jusqu’à minuit ! Et pendant ce temps-là, pour surcroît de béatitude, les chasseurs ne cessaient pas de tirer des coups de fusil en signe d’allégresse ; mon père fournissait la poudre. C’était une détonation universelle. Les petits garçons s’en mêlaient, au risque de s’estropier, quand ils pouvaient mettre la main sur un fusil ou un pistolet.

Le presbytère était à une petite demi-lieue du bourg ; le recteur faisait la course sur son bidet, que le quinquiss (le bedeau) tenait par la bride, Une douzaine de paysans l’escortaient, en lui tirant des coups de fusil aux oreilles. Cela ne lui faisait pas peur, car c’était un vieux chouan, et il avait la mort de plus d’un bleu sur la conscience. Avec cela, bon et compatissant, et le plus pacifique des hommes, depuis qu’il portait la soutane, et que le roi était revenu.

On faisait ce soir-là de grands préparatifs à la maison. Telin-Charles et Le Halloco mesuraient le foyer et la porte de la cuisine d’un air important, comme s’ils n’en avaient pas connu les dimensions depuis bien des années. Il s’agissait d’introduire la bûche de Noël, et de la choisir aussi grande que possible. On abattait un gros arbre pour cela ; on attelait quatre bœufs, on la traînait jusqu’à Kerjau (c’était le nom de notre maison), on se mettait à huit ou dix pour la soulever, pour la porter, pour la placer ; on arrivait à grand’peine à la faire tenir au fond de l’âtre ; on l’enjolivait avec des guirlandes ; on l’assurait avec des troncs de jeunes arbres ; on plaçait dessus un gros bouquet de fleurs sauvages, ou pour mieux dire de plantes vivaces. 

On faisait disparaître la table du milieu ; la famille mangeait un morceau sur le pouce. Les murs étaient couverts de nappes et de draps blancs, comme pour la Fête-Dieu ; on y attachait des dessins de ma sœur Louise et de ma sœur Hermine, la bonne Vierge, l’Enfant Jésus.Il y avait aussi des inscriptions : Et homo factus est !

On ôtait toutes les chaises pour faire de la place, nos visiteuses n’ayant pas coutume de s’asseoir autrement que sur leurs talons. Il ne restait qu’une chaise pour ma mère, et une pour tante Gabrielle, qu’on traitait avec déférence et qui avait quatre-vingt-six ans. C’est celle-là, mes enfants, qui savait des histoires de la Terreur ! Tout le monde en savait autour de moi, et mon père, plus que personne, s’il avait voulu parler. C’était un bleu, et son silence obstiné était peut-être conseillé par la prudence, dans un pays où il n’y avait que des chouans. L’encombrement était tel dans la cuisine, tout le monde voulant se rendre utile et apporter du genêt, des branches de sapin, des branches de houx, et le bruit était si assourdissant, à cause des clous qu’on plantait et des casseroles qu’on bousculait, et il venait un tel bruit du dehors, bruits de cloches, de coups de fusil, de chansons, de conversations et de sabots, qu’on se serait cru au moment le plus agité d’une foire.

 A onze heures et demie, on entendait crier dans la rue : Naoutrou Personn ! Naoutrou Personn ! (M. le recteur, M. le recteur). On répétait ce cri dans la cuisine, et à l’instant tous les hommes en sortaient ; il ne restait que les femmes avec la famille. Il se faisait un silence profond. Le recteur arrivait, descendait de son bidet que je tenais par la bride (c’est-à-dire que j’étais censé le tenir, mais on le tenait pour moi; il n’avait pas besoin d’être tenu, le pauvre animal). A peine descendu, M. Moizan montait les trois marches du perron, se tournait vers la foule découverte, ôtait lui-même son chapeau, et disait, après avoir fait le signe de la croix : « Angelus Domini nuntiavit Mariae ». Un millier de voix lui répondaient.

La prière finie, il entrait dans la maison, saluait mon père et ma mère avec amitié, M. Ozon, le maire, qui venait d’arriver de Pénic-Pichou, et M. Ohio, le maréchal ferrant, qui était greffier du juge de paix. M. Ozon, M. Ohio étaient les plus grands seigneurs du pays. Ils savaient lire ; ils étaient riches, surtout le premier. On offrait au recteur un verre de cidre qu’il refusait toujours. Il partait au bout de quelques minutes, escorté par M. Ozon et M. Ohio, puis, aussitôt, on se disposait à bénir la bûche de Noël. C’était l’affaire de dix minutes.

Mon père et ma mère se tenaient debout à gauche de la cheminée. Les femmes que leur importance ou leurs relations avec la famille autorisaient à pénétrer dans le sanctuaire, ce qui veut dire ici la cuisine, étaient agenouillées devant le foyer en formant un demi-cercle. Les hommes se tenaient serrés, dans le corridor, dont la porte restait ouverte, et débordaient dans la rue jusqu’au cimetière. De temps en temps, une femme, qui avait été retenue par quelques soins à donner aux enfants, fendait les rangs qui s’ouvraient devant elle, et venait s’agenouiller avec les autres. Tante Gabrielle, revêtue de sa mante, ce qui annonçait un grand tralala, était à genoux au milieu, juste en face de la bûche, ayant à côté d’elle un bénitier et une branche de buis, et elle entonnait un cantique que tout le monde répétait en chœur.

Vraiment, si j’en avais retenu les paroles, je ne manquerais pas de les consigner ici; je les ai oubliées, je le regrette; non pas pour vous, qui êtes trop civilisés pour vous plaire à ces souvenirs, mais pour moi. Et, après tout, je n’ai que faire de la chanson de tante Gabrielle, puisque je ne sais plus un mot de bas-breton. L’air était monotone et plaintif, comme tout ce que nous chantons chez nous à la veillée ; il y avait pourtant un crescendo, au moment où la bénédiction allait commencer, qui me donnait ordinairement la chair de poule...

Jules Simon (breton, philosophe et homme d'état 1814-1896)


(Texte trouvé sur france-pittoresque.com)





















17 commentaires:

  1. coucou Brigitte
    Je ferai certainement une petite bûche de noêl bien que nous ne soyons plus
    très nombreux à manger la bûche traditionnelle les enfants préfèrent un pain d'épices
    au chocolat et les plus grands de la bûche glacée !
    Les traditions de la bûche sont bien ancrée en Bretagne de la bûche de bois et de toute la cérémonie qui l'accompagnait !
    gros bisous et bonne fin de semaine
    MITOU

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  2. Bonjour Brigitte
    Merci de nous ramener dans ces temps passés avec nos anciennes traditions qui helas se sont perdues ..
    Pour la bûche , elle sera glacée ..
    Bises

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  3. Bonjour Lilwenna,
    C'est un très joli texte qui relate les moments de Noël d'un autre siècle.
    Au Pays Basque aussi, il y avait la bûche de bois à faire brûler dans la cheminée.
    Je te souhaite de joyeuses fêtes.
    Bisous et bonne journée

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  4. un parque-page pour livre de cuisine doublement intéressant. le texte aussi est intéressant à lire; tendance "édifiant", un brin condescendant à la fin, il est marqué par son époque. je n'imaginais pas que Noël occasionnait de tels rassemblements dans une maison, à l'église oui, je savais, mais pas dans une maison. qu'a fait ce Jules Simon comme homme d'Etat? merci pour le partage et bonne a-m.

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    1. député, sénateur, ministre de l'instruction publique, président du conseil, ministre de l'intérieur sous la 3e république (j'avais mis un lien sur son nom (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Simon)

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  5. D'abord un grand merci pour ce texte très intéressant à lire. La bûche j'en fais une chaque année et ce marque-page allie la lecture à la gourmandise. J'ai noté sa recette, au cas où. Je te souhaite une très agréable journée et t'envoie de gros bisous, Brigitte. A bientôt

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  6. Lol ce matin en allant à la piscine je t'en ai récupéré un du même endroit cette année c'est la bûche aux 2 chocolats aux saveurs épicées :)
    Merci pour l'histoire sur la buche
    Chez nous ça sera buche glacée et buche chocolat mandarine (Thiriet)
    Doux week end Brigitte
    Gros bisous

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    1. oh c'est marrant ! quelle coïncidence ! Une autre recette de bûche ! Merci beaucoup !
      Miam, chocolat mandarine, ça doit être bon !
      Gros bisous et bon week-end

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  7. Marque- page de circonstance avec les fêtes qui ne sont plus loin .Merci pour cet article. Ça me fait penser... une année, j'avais recouvert de chocolat et décoré une vraie buche; je l'avais mise sur le rebords de la fenêtre en attendant de la servir. Tout le monde voulait de cette superbe buche maison ... juste au moment de la couper. LOL ! tout le monde était tombé dans le panneau. On me rappelle cette blagounette toutes les années. ;)
    Gros bisous

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    1. ça ne m'étonne pas de toi LOL
      Gros bisous

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    2. sacrée blagueuse !!
      Gros bisous

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  8. Bonjour Lilwenna, merci pour cette histoire ! Je suis également bûche glacée , pas trop fan des crèmes etc... Je te souhaite un beau week-end et t'embrasse bien fort

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  9. Une belle recette originale sur ce marque-page cadeau ... je reste bûche au beurre au café pour ma part souvenir de ma maman ... que j'aime cette page d'histoire, çà nous fait regretter nos noëls d'antan ... j'aime l'ambiance de Noël côté traditionnel rouge, vert et blanc ... et regrette toujours le côté commercial de cette si belle fête ...
    Ta page est très belle Lilwenna et nous montre bien cette tradition de la bûche qui perdure dans certaines régions ...
    Mes bises pour un doux week end en te souhaitant de bons préparatifs .
    Nicole

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  10. Bûche pâtissière ou bûche glacée, je prends les deux !
    Bonne fin de semaine avant les fêtes. Bisous à toi

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  11. La bûche n'est pas mon dessert préféré... mais il y en a de vraiment jolies. :)
    Merci pour cette page en partage Lilwenna.
    Bisous et douce journée.

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  12. La tradition de la bûche .... c'est peut-être pour çà que j'aime tant les décors en bois !!!
    J'aime la bûche pâtissière, à condition que ce soit léger et j'adore la bûche glacée !
    Gros bisous, belle soirée

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  13. Ca remarche ... hier c'était impossible de déposer un commentaire chez toi
    Mais il reste de la bûche j'espère?
    Bonne soirée ☆

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